Emailler :V. Parsemer quelque chose de détails qui en rompent la monotonie (larousse)

Sépion, argent et champlevé

Sépion, argent et champlevé

Dernière production en date et ma première en argent : ce petit pendentif que j’ai ensuite émaillé avec deux verts transparents.

Première fois aussi que j’utilisais un os de seiche : le fameux sépion (non ce n’est pas un empereur romain) pour mouler une pièce. Que du bon !

  • J’ai déshabillé une sèche de son habit de lumière (pas de possibilité pour le moment de passer mes weekends sur les plages bretonnes mais j’ai fait une commande)
  • J’ai coupé les extrémités fines de l’os et poli l’une des faces à l’aide d’un papier émeri.
  • On obtient ainsi une face bien lisse que j’ai débarrassée de sa poussière à l’aide d’une brosse. Et là, ô magie, apparaissent les lignes sibyllines structurelles de l’os de seiche.
  • J’ai ensuite gravé sur la surface plane et quasiment comme dans du beurre une petite médaille vénus. C’est tellement facile que n’importe quel outil fait l’affaire. J’ai fait le contour de la pièce à la mine de crayon de papier. C’est vous dire !
  • Il faut ensuite creuser un cône d’un bord de l’os jusqu’à la pièce pour que l’argent puisse être introduit. On ajoute au cutter deux petites coupes en bas de la pièce pour que l’air puisse s’échapper.
  • Comme on était dans l’atelier de bijouterie, la suite a été réalisée très facilement. On fixe à l’aide d’une pince l’os de seiche sur un montant vertical en métal préalablement huilé.
  • L’argent en grenaille a été fondu au chalumeau dans un godet puis versé dans l’ouverture en cône.
  • Et paf, on démoule et la vénus apparait avec ses motifs sibyllins.

 

Enfantin, tant dans la facilité de la technique que dans la joie de voir la pièce sortir si rapidement !

Un petit ponçage avant-arrière pour obtenir un bord de pièce bien lisse et j’ai ensuite émaillée le centre avec deux verts transparents.

Première fois que j’utilisais de l’argent et … comment dire, avec tout le respect que je dois au cuivre, il n’égalera jamais l’argent. L’argent qui ne s’oxyde pas !!! Pas de calamine ! Pas de bain de vinaigre ! Pas de vieux points noirs qui sautent dans l’émail à la cuisson. Que du plaisir quoi ! Je recommencerai à travailler avec ce métal dès que possible.

Donc j’ai émaillé en 2 fois pour arriver au niveau du bord en métal. Et paf ça fait une Vénus en champlevé. Joyeux Noël ! (Oui, je me la suis offerte à moi même)

IMGP36422

 

 

 

 

 



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4 Réponses

  1. Gleveau dit :

    Ça à l’air génial et le résultat est très beau. J’ai toujours voulu travailler l’argent. Mais je n’ai pas tout compris de la technique de l’os de seiche . Si je creuse l’os et que ensuite je le mets verticalement l’argent liquide va s’échapper ???
    Merci pour votre site, j’espère que votre formation espagnole vous plaît.
    Bonnes fêtes
    LN

    • Emilie dit :

      Bonjour Elaine,
      Il y a deux façons de faire. Soit vous prenez un os de seiche que vous coupez en 2, que vous gravez puis vous refixez les 2 parties ensemble avant de couler l’argent.
      Soit (et c’est uniquement celle que j’explique dans l’article), vous poncez seulement une des faces pour l’avoir bien plane, vous la gravez puis… (et c’est là que je n’ai pas dû être très claire…), vous la fixez à un montant métallique vertical. En bijouterie, ils ont ce genre de support donc je n’ai pas eu besoin de le fabriquer mais ça doit pouvoir se faire facilement. C’est une plaque d’à peine 1cm d’épaisseur fixée sur un socle afin qu’elle puisse tenir debout. On huile au pinceau la plaque verticale puis on fixe l’os de seiche à l’aide de pince. Cette technique est utile pour les médailles car un côté sera en volume et l’autre (celui contre la plaque de métal) tout plat.
      Si vous souhaitez une pièce en volume de tous les côtés, privilégiez l’os de seiche coupé en 2.
      J’espère avoir mieux expliqué.

  2. Superbe réalisation !… mais rien n’égalera la beauté naturelle de la bonne vieille calamine cuite sous émaux transparents…
    Je trouve l’argent trop « inerte », trop parfait en somme ; le cuivre est vivant, un cheval sauvage indomptable dès que l’on augmente la température. Et les transparents « chauds » sont uniques de beauté et de profondeur sur le cuivre. Calamines et points noirs : pas des imperfections, les marques d’un métal qui s’exprime.
    C’est ma déclaration d’amour du jour au cuivre.

    Et bonne année 2016 à toi Emilie (félicitation pour tes explorations et la transmission que tu en fait).

    • Emilie dit :

      🙂 merci pour cette déclaration au cuivre. Il fallait lui rendre cet hommage que je ne peux pas faire en ce moment parce qu’il m’énerve. Mais je dois continuer à l’apprivoiser et ne pas me laisser avoir par l’apparente facilité de l’argent !
      Merci Christophe et bonne année aussi !

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