Emailler :V. Parsemer quelque chose de détails qui en rompent la monotonie (larousse)

La Renaissance et l’émail (15ième et 16ième siècle)

La Renaissance et l’émail (15ième et 16ième siècle)

Ci dessus une œuvre majeure de la Renaissance : La naissance de Venus. Peinture de Sandro Botticelli (1444-1510), 1482. Dim : 1,72 x 2,78m. Florence, Galerie Des Offices

Explication rapidos du contexte de l’époque :

Le 15ième siècle connaît un changement de philosophie important, une révolution de pensée : L’humanisme. L’importance de la religion tend à diminuer et il y a une réaffirmation des valeurs de l’être humain car les hommes cherchent des explications au monde à travers la science et la découverte de nouvelles terres. Les italiens redécouvrent aussi la littérature, la philosophie et les sciences de l’Antiquité. Florence et Rome sont les capitales de ce renouveau. Ce mouvement se propagera ensuite à toute l’Europe. Cette période s’est appelée la Renaissance Tous ces changements affectent bien entendu le domaine des arts (bien que la joaillerie en soit peu affectée lors du 15ème siècle, elle reste caractéristique du moyen-âge. Elle ne connaîtra un vrai changement qu’au 16ième siècle).

Selon l’historien René Rémond, une « Renaissance » se caractérise par :

  • l’apparition de nouveaux modes de diffusion de l’information,
  • la lecture scientifique des textes fondamentaux,
  • la remise à l’honneur de la culture antique (littérature, arts, techniques),
  • le renouveau des échanges commerciaux,
  • les changements de représentation du monde.

Ce changement de représentation du monde provient aussi des grandes découvertes géographiques grâce aux améliorations de la navigation maritime.

Pour rappel, quelques grandes dates et pas des moindres :

  • Christophe Colomb, découverte de l’Amérique en 1492
  • Gutenberg invente l’imprimerie en 1450
  • Galilée nait à Pise en 1564
  • William Shakespeare, nait vers 1564 (Tout de même hein ! Quel siècle !)

|Petit rajout suite au commentaire d’Anne (parce que c’est vrai que mon article c’est un peu »la vie en rose à la Renaissance ») : La Renaissance viendrait de l’italien Rinascimento pour parler, plus que d’une période artistique, de la renaissance de la littérature, la philosophie et les sciences après la période « sombre » du moyen-âge. Sauf que la coupure nette et précise, c’est pratique pour ordonner les choses dans notre petite caboche d’humain mais la coupure fut beaucoup moins radicale que ce qu’on a pu apprendre à l’école. Quant à la période « sombre » du moyen-âge, c’est surtout les historiens du 19ième siècle qui la désignèrent ainsi et qu’à y regarder de plus près, il y a eu un paquet de « Renaissance » durant le moyen-âge. Mais revenons aux siècles qui ont vu la naissance de Gutenberg, de Shakespeare et de Christophe Colomb. Les grands bouleversements de cette période et les changements de vison sur le monde ont forcément créés des tension. La persécution des sorcières culmine aux XVIe et XVIIe siècle. L’inquisition, née au 12ième siècle perdure et la torture fait partie de l’instrument ordinaire de la recherche de preuve (en France tout du moins) jusqu’au 18ième siècle. Les grandes découvertes, c’est aussi le début de l’installation des Européens en Afrique et le début de la traite négrière. C’est l’exploitation des amérindiens dans les mines d’or…]

C’est à cette période que les artistes commencent à signer leurs œuvres. L’œuvre d’art ne devient plus une production collective mais l’œuvre d’un individu. C’est le début de l’histoire de l’art et le début de la division entre les artistes et les artisans. Les artistes  prennent possession des domaines de la peinture, la sculpture, de l’architecture même s’ils continuent à travailler en atelier avec des disciples ou des élèves (exemple : Raphael,…). Les artisans restent dans les domaines de l’orfèvrerie, de l’émail et continuent de travailler de manière collective durant le 15ième.

A la renaissance, la joaillerie commence à utiliser le diamant dont le commerce se redéveloppe à partir des Grandes découvertes qui voient l’ouverture de la route des Indes par les Européens, et la découverte des Amériques. Venise et Amsterdam deviennent des capitales du commerce du diamant qui sont commercés ensuite avec le reste de l’Europe. A cette époque, on ne taille pas le diamant comme aujourd’hui. L’important à cette époque ce sont ses dimensions. Les diamants sont parfois colorés par le dessous. On utilise aussi des rubis, des saphirs, de l’émeraude. Les perles sont très à la mode (perles sphériques, baroques, en larme, en poire).

Les bijoux sont beaucoup portés à cette époque par les femmes. Les hommes portent des chaines et des broches avec les insignes de leurs ordres.

Et l’émail dans tout ça ?? (on y arrive !!)

En émail une nouvelle technique émerge : la peinture sur émail et la grisaille (peinture sur émail mais seulement au blanc de Limoges). Avec cette technique, les artisans émailleurs s’approchent des artistes et commencent à signer leurs œuvres même s’ils ne représentent pas la majorité des émailleurs. Le champlevé (période romane) et la basse taille (période gothique) sont des techniques toujours utilisées.

La Grisaille est une technique dérivée de l’émail peint qui a fait son apparition à Limoges à la Renaissance. La grisaille consiste à recouvrir une surface métallique d’un émail monochrome sur un fond obscur en l’appliquant au pinceau puis en réalisant du pointillisme ou des rayures à l’aiguille pour réaliser des nuances de gris. Le blanc sur fond noir ou bleu est souvent utilisé mais il existe aussi des fonds marron, violet, …

La grisaille apparaît à la Renaissance car cette époque de découverte de nouveaux pays et de découverte de l’imprimerie est l’époque d’explosion des gravures. Ce procédé permet en effet de reproduire un dessin pour en faciliter sa diffusion. Beaucoup d’émailleurs de cette époque s’inspirent des gravures trouvées dans les catalogues et en font leur principale source d’inspiration. Rares sont ceux en effet qui inventent leurs propres compositions : ils transposent plus volontiers en émail un modèle gravé, qu’ils adaptent au besoin à leur support. La grisaille nait à cette époque (dans le monde des émailleurs mais c’est aussi une technique utilisé pour le vitrail) car, la variation des gammes de gris, le noir et le blanc et les techniques de pose (pinceau ou aiguille pour reproduire les lignes de la gravure) imitent avec exactitude l’effet de la gravure.

Le blanc déposé pour la technique de la grisaille à l’époque du Moyen-Age s’appelle le blanc de Limoges. En réalité, le blanc de Limoges n’est pas un émail, il est plus proche d’une peinture vitrifiable. C’est un mélange de silicate de sodium et de stéarate de plomb. La poudre, très fine est ensuite mélangée à une essence grasse (alors que le liant de l’émail est de l’eau). A l’époque de la renaissance, l’huile de rose ou de lavande était sans doute utilisée (bien que nous ayons perdu beaucoup d’information sur les recettes de cette époque car les familles d’émailleurs conservaient jalousement leur secret).

Description de quelques pièces émaillées caractéristiques de la Renaissance :

44.60

LA CHARITÉ GRECQUE DE JEAN PENICAUD II

 

 

 

pendentif dragon_150

PENDENTIF A DEUX CHAINES AVEC UN DRAGON

 

 

 

pendentifPhoenix_150

PENDENTIF PHOENIX

 

 

 

Saliera_150LA SALIERE DE BENVENUTO CELLINI

 

 

 

(Note : les photos proviennent des sites web des musées)

(Sources : les sites web des musées, ma prof d’histoire de la Llotja et wikipédia un toutipeu)

Si vous êtes intéressé par ce qui s’est passé avant la renaissance, vous pouvez lire l’article sur la période romane, et ici l’article : l’art gothique et l’émail.



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Une réponse

  1. Anne Larue dit :

    Très intéressant. Emilie est en train de constituer un véritable « musée imaginaire » des émaux ! Pour la Renaissance, rappelons tout de même qu’elle s’est autoproclamée telle et que c’est en réalité une période noire d’obscurantisme religieux et de génocide. Les « sorcières » au bûcher par millions, c’est la « Renaissance ». Giordano Bruno brûlé pour ses idées, aussi. L’Inquisition. Et j’en passe. Rien que le génocide étatique des sorcières, ça a de quoi plomber la « Renaissance ». Et quand on dit que c’est le règne de « la mesure de l’homme », il s’agit bien de l’homme (blanc européen), pas des femmes, des enfants, des Noir.es ou des animaux ! Ah tiens oui ! Il y a aussi un foutu génocide africain à la même période ! Et l’affaire de « la découverte de l’Amérique » (en réalité découverte des centaines d’années avant par Erik le rouge et ses soeurs), c’est du gratin : la bonne Isabelle de Castille envoyant son petit Génois tuer les Américains du sud de l’époque, à coup de tromblon et de rougeole. Vive la Renaissance !

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