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Lunettes de vue femme visage rond : la monture se mesure, elle ne se devine pas

Entre 135 et 145 millimètres : c’est la largeur d’un visage de femme de morphologie moyenne, mesurée d’une tempe à l’autre, et c’est le premier chiffre à connaître avant de toucher une monture. Les conseils de forme circulent partout, du carré qui structure au rond qu’il faudrait fuir. Ils sont justes, et ils ne suffisent pas. Deux montures rectangulaires de la même famille peuvent donner deux résultats opposés sur le même visage, simplement parce que leurs cotes diffèrent de quelques millimètres.

Votre visage est-il vraiment rond ? Deux mesures suffisent à trancher

Beaucoup de femmes achètent des montures pour visage rond sans avoir vérifié qu’elles en ont un. Le relevé prend deux minutes, devant un miroir, cheveux attachés, avec un mètre ruban souple.

Femme qui examine la forme de son visage devant un miroir

Quatre points à repérer : la racine des cheveux au milieu du front, la pommette à son endroit le plus saillant, la base de la mâchoire sous l’oreille, la pointe du menton. Quatre mesures à en tirer : largeur du front, largeur des pommettes, largeur de la mâchoire, et longueur totale du front au menton.

Le visage rond se reconnaît à deux rapports. La largeur des pommettes atteint 90 à 95 % de la longueur du visage, autrement dit le visage est presque aussi large que long. Et la largeur du front reste proche de celle de la mâchoire, sans angle net sous l’oreille. Si la largeur des pommettes tombe nettement sous 85 % de la longueur, la morphologie penche vers l’ovale, et la moitié des conseils ci-dessous ne s’applique plus.

Un point mérite d’être tranché tout de suite : si le front et la mâchoire ont bien la même largeur mais que l’angle sous l’oreille est net, presque dessiné à l’équerre, le visage est carré et non rond. Les montures qui conviennent à un visage carré font exactement l’inverse de celles décrites ici.

La largeur totale, le seul chiffre qui ne se rattrape pas

À l’intérieur de la branche gauche, trois nombres sont gravés, toujours dans le même ordre : la largeur de verre (le calibre), la largeur du pont, la longueur de branche. Une monture marquée 52-18-140 a des verres de 52 mm, un pont de 18 mm et des branches de 140 mm. Les calibres courants vont de 48 à 56 mm, les ponts de 16 à 22 mm, les branches de 135 à 145 mm chez l’adulte.

Ces trois nombres ne disent pas encore la seule chose qui compte de face : la largeur totale de la monture. Elle se calcule, et le calcul tient sur une ligne. Deux fois le calibre, plus le pont, plus environ 6 mm pour les tenons et les charnières. Notre monture 52-18-140 mesure donc à peu près 128 mm de large. Face à une largeur bitemporale de 142 mm, elle est trop étroite de 14 mm.

Monture de lunettes rectangulaire vue de face, branche dépliée

Trop étroite, sur un visage rond, c’est le pire des deux défauts. La monture s’arrête avant les tempes, les joues débordent de chaque côté et l’œil lit un visage plus large qu’il ne l’est. La règle tient en une phrase : la largeur totale doit égaler la largeur du visage ou rester juste en dessous, avec une tolérance de 5 mm, pas davantage. Entre une monture de 130 mm et une de 142 mm sur un visage de 142 mm, nous tranchons pour la seconde sans hésiter.

Pour le calibre seul, la correspondance courante donne 48 à 52 mm sur un visage fin, 52 à 56 mm sur un visage moyen, 56 mm et plus sur un visage large. Sur le pont, la marge est bien plus serrée : la tolérance admise ne dépasse pas 2 à 3 mm, et 1 mm de trop suffit parfois à faire glisser une monture qui tenait.

Faute de mètre ruban, une carte bancaire fait le travail approximativement. Elle mesure 85 mm de long. Posée horizontalement à hauteur des yeux, elle donne une idée du gabarit à demander en magasin, sans remplacer la mesure réelle.

Hauteur de verre : viser 35 mm, sauf si vous portez des progressifs

La hauteur de verre est la cote absente de l’étiquette, et c’est pourtant elle qui décide de l’effet sur un visage rond. Un verre haut descend sur les pommettes et raccourcit visuellement le visage. Un verre bas et large les dégage et l’allonge. Le bas du cercle est la ligne d’horizon du visage : plus elle est basse et marquée, plus le visage paraît court.

En verres simples, viser 35 mm de hauteur ou moins donne un résultat net. C’est aussi pour cette raison que la grande monture ronde surdimensionnée, très haute et très bombée, échoue sur cette morphologie : elle ajoute du rond à du rond, et elle pose son cercle inférieur exactement là où le visage est le plus plein.

Les verres progressifs changent la donne, et personne ne le dit sur ce sujet. Un progressif a besoin de hauteur pour loger son couloir de progression : 30 mm de hauteur de monture est le minimum de confort couramment retenu, 28 mm le plancher absolu. Ce qui commande ce seuil, c’est la longueur du couloir de progression, qui doit tenir sous le centre de la pupille sans être rogné par le bord du verre. Une porteuse de progressifs qui a un visage rond travaille donc dans une fenêtre étroite, entre 30 et 35 mm. En dessous, le champ de vision intermédiaire devient inconfortable, et un écart de 1 mm sur la hauteur de montage se ressent déjà à la lecture.

Autant le dire clairement : sur ce point, l’esthétique cède. Nous ne recommandons pas de descendre sous 30 mm pour gagner deux millimètres de pommette dégagée.

Pont, tenons et bas de cercle : ce qui n’est écrit nulle part

Trois détails de construction expliquent qu’une monture rectangulaire, choisie à la bonne largeur, rate quand même son effet.

Monture de lunettes en métal avec pont et plaquettes réglables

Le pont d’abord. Un pont placé haut sur la monture, ajouré ou de teinte claire, allonge optiquement le nez et tire tout le centre du visage vers le haut. Un pont bas, plein, de la même couleur soutenue que le reste de la face, produit l’effet inverse et tasse la zone. Sur un visage rond, le pont haut est le meilleur choix dans la grande majorité des cas.

Les tenons ensuite, c’est-à-dire le point où les branches s’attachent au cercle. Attachées en bas, elles font tomber la ligne du regard et alourdissent les pommettes. Attachées haut, elles la remontent. Le détail ne se lit sur aucune étiquette et se voit en trois secondes en tenant la monture de face.

Le bas du cercle enfin. Une monture dont le bord inférieur est fin, clair, ou carrément absent, comme sur une demi-monture à fil nylon, laisse le regard filer vers le bas du visage et l’allonge. À l’inverse, un cercle épais et sombre tout autour du verre referme le contour. La solution qui concilie les deux : de la couleur profonde en haut, du bordeaux, du bleu nuit ou du vert forêt, et rien ou presque en bas. C’est aussi pour cela que la papillon et l’œil de chat fonctionnent si bien ici, et qu’elles restent depuis plusieurs saisons parmi les montures de vue tendance pour les femmes.

Reste la question de la tenue, qui n’a rien d’esthétique et qui fait pourtant échouer plus de montures que la forme. Un visage large associé à une arête nasale basse ou étroite ne retient pas une monture acétate à pont fixe : elle glisse au bout de quelques heures, et aucun réglage ne la rattrape durablement. Cette combinaison-là, nous la déconseillons franchement, aussi belle soit la monture. Le correctif existe et il est simple : une monture à plaquettes réglables, en métal, ou une acétate équipée de plaquettes par l’opticien. Et si le visage s’élargit aux tempes avant de se resserrer derrière l’oreille, des charnières à ressort évitent d’avoir à choisir entre une branche qui serre et une branche qui lâche.

À faire devant le miroir de l’opticien

Le magasin est le seul endroit où toutes ces cotes se vérifient d’un coup. Six gestes, dans l’ordre.

  1. Attacher les cheveux avant le premier essayage. Une mèche sur la tempe cache précisément la zone où se juge la largeur.
  2. Regarder de face, pas de trois quarts. Le bord extérieur des cercles doit tomber sur la ligne des tempes, ni en deçà ni au-delà.
  3. Sourire franchement, largement, et regarder le bas du cercle. Les pommettes remontent en souriant : si elles touchent la monture ou la soulèvent, le verre est trop haut ou la monture trop basse sur le nez.
  4. Baisser la tête vers l’avant et compter jusqu’à cinq. Une monture qui descend d’un centimètre dans ce test descendra toute la journée.
  5. Garder la monture cinq minutes, puis retirer et regarder les tempes. Deux marques rouges signalent des branches trop courtes, pas un serrage à corriger.
  6. Noter les trois chiffres de la monture qui va, même sans l’acheter. Ce triplet devient la référence de toutes les recherches suivantes, en magasin comme en ligne.

Le volume des cheveux compte autant que les millimètres. Une frange épaisse posée sur le haut des cercles annule l’effet des tenons hauts, et une coupe qui prend du volume au niveau des oreilles rend au visage la largeur que la monture vient de lui enlever. Les deux décisions se prennent ensemble, ce qui vaut particulièrement pour une coupe de cheveux après 50 ans avec des lunettes.

Dernier réflexe, gratuit celui-là : repasser faire réajuster la monture à chaud là où elle a été achetée, deux ou trois semaines après. Une monture neuve se détend, et un ajustement de branches et de plaquettes reprend en cinq minutes le maintien qu’elle avait le premier jour.

Lucile
Lucilehttps://les-instants-essentiels.fr
J'écris autour des grands moments de la vie, mariages, cérémonies et petites fêtes de famille. J'aime dénicher les idées qui marquent les esprits et éviter celles qui gâchent la fête.
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